Il ne s'agit pas de s'opposer bêtement à un nouveau projet de parc photovoltaïque. Nous savons tous qu'à défaut de réduire rapidement nos besoins en électricité, il est absolument nécessaire de produire de l'énergie renouvelable. Il faut juste trouver le bon équilibre entre la préservation d'un éco-système et la production d'énergie.
Le site des Champs Perroux s'étend pour partie sur l'ancienne carrière, l'ancien motocross et une ancienne décharge (entre les Ansaults au nord et le Montison au sud). Dit comme ça, bien sûr, ce n'est pas très vendeur... Mais lorsque l'on quitte les sentiers de randonnée pour s'enfoncer dans le côteau, on voit immédiatement que la nature y a repris ses droits.
Si le site de l'ancienne carrière présente un faible enjeu pour la biodiversité, ce n'est pas le cas du côteau (ancien motocross, partie sud-est de la zone) car des espèces protégées au niveau national y ont été repérées (Orchis, Azurée du Serpolet, couleuvre d'Esculape, Pipistrelle commune, etc...). Cette zone devrait tout naturellement être exclue du périmètre du projet.
Champs Perroux se trouve en zone A (Agricole) sur le PLU actuel. Il s’agit donc d'une zone qui comprend des parcelles sources de richesse biologique, agronomique, économique et paysagère dans laquelle les terrains doivent être réservés à l’exploitation agricole.
La partie Nord Ouest correspondant à des zones de dépôts est peu intéressante pour la biodiversité patrimoniale et c’est certainement à ce titre que le site a été choisi ( favoriser les zones artificialisées) .
La partie en prairie et pelouse au nord est moins perturbée. L’intérêt pour la biodiversité dépend en partie des amendements organiques qui y ont été apportés, limitant et banalisant les espèces potentielles. Elles constituent des zones de fauche ou de pâturage qui sont à conserver afin de préserver les terres agricoles.
Par contre la zone en talus au sud est peu concernée par les dépôts. Son orientation, la nature calcaire du sol et l’absence d’enrichissement en matières organiques a permis la conservation d’habitats originaux et protégés : pelouses calcaires et ourlets calcicoles (Ourlet = zone de lisière entre la pelouse et la partie arborée) quand ces pelouses sont colonisées par la végétation arbustive mais pas encore fermées.
Ainsi donc, la partie présentant un fort intérêt pour la biodiversité (le côteau situé au sud) représente environ un tiers de la superficie totale du projet.
La voici:
Pourquoi, dans ces conditions, avoir inclus cette partie qui - a priori - n'a subi aucun enfouissement? Le projet actuel s'étend sur 10 ha et est crédité d'une puissance de 9,5 MW. Exclure cette partie risquerait donc de l'ammener sous les 8 MW qui sont nécessaires pour que le projet soit rentable. Le porteur de projet, n'ayant pas trouvé de surface dégradée suffisante, déborde sur les terrains alentour. De plus, le fait que cette partie, située au sud, soit boisée et puisse faire de l'ombre au reste du périmètre a sans doute pesé dans la balance...
L’histoire de l’occupation du sol, que l’on peut interpréter en utilisant des vues satellites anciennes datées de l’IGN (voir leur site « remonter le temps ») montre que les perturbations du milieu concernent surtout la partie nord-ouest du site (l'ancienne carrière). Alors que la partie sud-est (le côteau) a été totalement réinvestie par la végétation (et une faune en partie protégée comme nous allons le voir...).
Une première visite d'un membre de la SEPANT (Société d’Etude, de Protection et d’Aménagement de la Nature en Touraine) en mai 2023 a permis d’observer 3 espèces protégées patrimoniales:
La Couleuvre d’Esculape (Zamenis longissimus) protégée au niveau national par l’arrêté du 8 janvier 2021, y compris au niveau de son habitat qu’il est interdit de détruire.
L’Orchis brûlé (Neotinea ustulata) protégé par l’arrêté du 12 mai 1993 qui interdit sa destruction.
La Céphalanthère à feuille en épée (Cephalanthera longifolia) protégée par l’arrêté du 12 mai 1993 qui interdit sa destruction.
Une seconde visite fin mai 2023 lui a permis de faire un inventaire plus précis:
L'azuré du serpolet (Phengaris arion) jugé vulnérable sur la liste des lepidoptères de la région centre
L'ophrys abeille (orchis apifera) protégé par l’arrêté du 12 mai 1993 qui interdit sa destruction.
la Céphalanthère à grandes fleurs (Cephalanthera damasonium) protégée par l’arrêté du 12 mai 1993 qui interdit sa destruction.
Concernant les chiroptères (chauves-souris) , un enregistrement à été réalisé par un membre de la LPO dans la nuit du 19 au 20 juillet. L'analyse de cet enregistrement a permis d'identifier 7 espèces de chauves-souris dont 3 (la noctule commune, le grand rhinolophe et la pipistrelle commune) font l’objet d’un Plan National d’action.
En France, toutes les chauves-souris sont strictement protégées (loi de protection de la nature de 1976). Il est donc interdit de les détruire, mais aussi de détruire ou détériorer leur habitat. Les effectifs accusent une réduction globale très importante (-38%) en dix ans (données vigie-chiros du MNHN), avec certaines espèces particulièrement affectées, comme la noctule commune (plus de 80%).
Pipistrellus pipistrellus est une petite chauve-souris au pelage dorsal de brun sombre à brun roux qui pèse de 6 à 8g et a une envergure d’une vingtaine de centimètres. Elle chasse les insectes volants, préférentiellement les Diptères mais aussi des Lépidoptères, Coléoptères, Trichoptères, Neuroptères, Cigales et Ephémères.
Nyctalus noctula figure parmi les grandes espèces d'Europe. Son pelage, court et dense, est brun-roussâtre avec des reflets dorés sur le dos. Elle hiberne de novembre à mars en forêt (larges cavités, loges de pics, …). Son régime alimentaire va des micro-Diptères aux Coléoptères.
Rhinolophus ferrumequinum est le plus grand de tous les rhinolophes européens, son corps mesure de 6 à 7 cm pour une envergure moyenne de 37,5 cm et un poids de 34 g. Face dorsale gris-brun et face ventrale blanc-jaunâtre. Elle a une préférence marquée pour les grosses proies : Lépidoptères nocturnes, Coléoptères, Diptères, Tipulidés, Trichoptères.
Il s'agit d'une réunion d'information dans le cadre de la loi APER du 10 mars 2023 relative à l'Accélération de la Production d'Energies renouvelables. "Elle implique les communes et leurs habitants, les porteurs de projets et les entreprises dans la réalisation de projets d'énergie renouvelable sur leur territoire.". "La loi APER institue des zones d'accélération pour les énergies renouvelables, définies par les communes qui le désirent."
La commune d’Artannes est acteur pour planifier avec les élus locaux la définition sur son territoire des zones dites d’accélération des énergies renouvelables.
Dans le cadre de la recherche de ces zones d’accélération des énergies renouvelables, madame le maire et monsieur le premier adjoint, accompagnés de trois élus, organisent cette consultation publique. Celle-ci sera suivie d’une Commission Générale (hors public) le 19 février puis d’une présentation pour validation aux membres du Conseil municipal le 18 mars. Viendra ensuite un débat au sein de l’EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) soit la Communauté de Communes.
En préalable, les représentants de la municipalité précisent que l’aspect environnemental ainsi que la biodiversité ne font pas partie des critères à examiner pour la présentation des zones à retenir. Ces critères ne sont pas de la compétence de la municipalité pour la présentation de ces projets.
Bien que le but de cette réunion soit de présenter l’ensemble des ZAEnR retenues par la mairie, l’essentiel de la séance tourne autour de la définition d’une ZAEnR couvrant le site de « Champs Perroux », qui fait depuis au moins 2 ans l’objet d’un projet de parc photovoltaïque porté par la société Soleil du Midi.
Il est présenté au public une zone approximativement délimitée pour 10 hectares (8 sur Artannes, 2 sur Monts). Il s’agit d’une ancienne carrière, située sur un terrain privé, qui a été utilisée un temps comme terrain de moto cross puis est devenue une décharge depuis plusieurs années.
Des représentants de la SEPANT (Association d'Etudes, de Protection et d'Aménagement de la Nature en Touraine), de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) ainsi que des membres du collectif Biodiv’Artannes sont alors intervenus :
A ces constats, madame le maire répond : « Il y a une dépollution du site qui a été envisagée, on a déjà échangé sur le sujet.»
Biodiv’Artannes a demandé aux élus présents s’ils comptaient s’assurer que la dépollution serait faite dans les règles de l’art. Les élus ont dit avoir pris note.
A la question concernant le démantèlement et le recyclage du parc au bout de 30 ans, il a été répondu qu’il existait une société spécialisée dans ce domaine.
Concernant la proposition faite par Biodiv’Artannes de réduire la superficie de la ZAEnR afin de limiter le ruissellement, les élus répondent que le projet (de Soleil du Midi) ne serait plus rentable.
Un autre intervenant questionne sur les retombées financières pour la commune et ses habitants et propose un référendum. Il a été largement applaudi.
Parmi les autres points soulevés par le public, citons : l’impact paysager, la possibilité de fouilles archéologiques et la tranchée pour connecter le parc à Sorigny (à 12km du site).
Les zones proposées pour les autres sources d’énergies renouvelables , à savoir, éolien, photovoltaïque en toiture, en ombrières, thermique solaire en toiture, au sol, hydroélectrique, géothermie de surface ou profonde, biogaz, biométhane, bioénergie et biomasse n’ont pas apporté de contestations particulières ou notoires.
Ce compte-rendu en format pdf peut être téléchargé ici
Ce projet de parc photovoltaïque porté par la société Soleil du Midi et présenté à la population artannaise suscite donc un grand nombre d’interrogations et inquiétudes:
Il est donc demandé à la représentation municipale des habitants d’Artannes d’étudier encore ce projet en tenant compte des intérêts et de la protection de la population de notre village tant sur le plan des risques inhérents à la pollution que sur celui de la préservation de l’environnement et du cadre de vie.
Au vu des nombreuses interventions de notre collectif et du public, nous espérons que cette réunion sera bien considérée comme une concertation et non pas comme une simple réunion d’information dans un processus dirigiste.
Si ce projet doit voir le jour, il est nécessaire qu’il soit conduit en respect des inquiétudes et observations faites au cours de cette réunion du 30 janvier 2024.
Notre mobilisation ainsi que celle de nombreux Artannais a permis qu'une petite partie boisée du coteau soit finalement exclue de la zone d'accélération qui a été votée lors du conseil municipal du 18 mars 2024. Même si c'est une petite victoire pour nous tous, cela ne change pas grand chose en réalité pour le projet porté par Soleil du midi. Notons qu'en plus, le contour de cette zone l'encourage à s'étendre au nord...
Ci-dessous, le périmètre de la zone d'accélération définitive proposée par le conseil municipal. On y voit 2 choses:
Nous avons pu organiser le 24 mars dernier un pique-nique sur une des parcelles de Champs-Perroux gentiment mise à disposition par un propriétaire. La météo n’était pas très engageante, mais nous étions une bonne trentaine de personnes pour échanger sur les enjeux du projet photovoltaïque porté par Soleil du Midi. La réunion s’est prolongée jusqu’en milieu d’après-midi dans une ambiance conviviale mais fort instructive grâce aux interventions:
Le co-président de l’association Graines et canopées était aussi présent en soutien au collectif ainsi que Christian Roy président de Ballan Nature Environnement.
Nous étions une vingtaine de participants lors de l'assemblée constitutive qui s'est déroulée dans la salle des fêtes d'Artannes-sur-Indre, ce vendredi 14 juin. Les statuts de l'association Biodiv'Artannes ont été validés et les membres du conseil d'administration élus. Le bureau se compose de 3 personnes:
Vous pouvez nous contacter sur contact@biodivartannes.fr
Le 11 février 2025, Biodiv’Artannes a rencontré le directeur technique et co-fondateur de la société Soleil du Midi qui leur a présenté le projet débuté au deuxième semestre 2020.
Biodiv’Artannes reste vigilant et s’attachera plus particulièrement à obtenir des garanties concernant les essences des plantations choisies pour les haies et leur entretien sur du long terme.
Une réunion publique était organisée par l'équipe municipale pour permettre à Cyril Darnis de présenter le projet "définitif" du parc photovoltaïque porté par Soleil du Midi.
Par email: contact@biodivartannes.fr
ou: berge.christian@gmail.com (président)
Via facebook: https://www.facebook.com/biodiv.artannes
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Soyez vigilants! Le conseil municipal d'Artannes prévoit de faire une réunion publique sur le sujet. Le jour venu, tâchez d'y assister.
